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ImprimerEnvoyer le dossier à un amiUn simple répit ?

Hans se réveilla en sursaut.

Hans se réveilla en sursaut. Le tocsin ! Quelqu’un sonnait le tocsin. On attaquait le village ! D’un bond, il quitta son lit, emmenant prestement quelques effets personnels, ainsi que la cuirasse héritée de son grand père et sa hache de bûcheron. Sa femme, Helke, sortait de son sommeil : « Qu’y a-t-il ? » « Les enfants ! répondit Hans. Va mettre les enfants à l’abri, l’ennemi est à nos portes ! »

Hans quitta son foyer, non sans s’être assuré auparavant que sa femme et ses enfant étaient cachés. Déjà, la milice s’était assemblée sur la place du village. Il était encore tôt et le brouillard matinal ne s’était pas encore dissipé. C’était chose courante dans ce petit port impérial.

« Des mutants en maraude ont été aperçus par un garde des patrouilleurs ruraux ! » criait un sergent chargé de rassembler les hommes en état de se battre. Un messager était parti quérir des renforts. L’armée impériale n’arriverait pas avant le lendemain. « Ils semblent se diriger vers nous, aussi vous savez ce qu’il vous reste à faire : prenez vos armes, érigez des barricades, assurez-vous que vos familles soient à l’abri. Nous allons les recevoir. Que Sigmar nous protège ! »

Accroupi derrière une barrière érigée à la hâte, Hans s’inquiétait. De sa position, il était sensé surveiller la route qui sortait de la forêt, de là où, logiquement, les ennemis devaient venir. Mais la brume était toujours là. Hans n’y voyait guère au-delà de vingt mètres. Même la mer, située non loin de leur village, était invisible. Mais le bruit du ressac se faisait toujours entendre. C’était ce qui l’angoissait encore plus. Attendre un ennemi invisible.

Puis il les entendit. Des cris gutturaux, innombrables, inhumains. La rumeur s’amplifiait, sortait de la brume et semblait se diriger vers lui. « Les voilà. » chuchota son voisin, équipé d’un tromblon rudimentaire. Il tremblait comme une feuille. « Avec cette purée de pois, reprit-il, on n’y voit goutte ! Comment leur truffer les fesses de plomb ? ».

Enfin ils virent tous leur ennemi: une multitude de guerriers assoiffés de pillages qui s’étaient aventurés jusqu’à leur village. Ils se précipitaient vers une proie facile, et la perspective d’un massacre dans ce port faiblement défendu les faisait hurler de plaisir. Le sergent, qui avait toujours été aux côtés de ces villageois, blêmit. Jamais il n’avait affronté un tel ennemi. Les bannières impies perçaient à travers le brouillard, on apercevait des pointes de casques, des boucliers, les reflets noirs des armes de jais des guerriers. Ils chargeaient ! Hans vit qu’une poignée d’entre eux l’avaient aperçu et se dirigeaient vers sa barricade. Sa position donnait sur le port.

Soudain, il entendit une corne à travers le brouillard, venant de la mer. « Nous sommes perdus ! » pensa-t-il. Au dernier moment, il entendit le son strident d’une volée de flèches tirées depuis la mer. Instinctivement, Hans se recroquevilla, tandis que les assaillants défonçaient la barricade à coup d’épieux. Puis il entendit le terrible impact, cette multitude mortelle tombée des cieux. « Ils ont visé trop haut ! » pensa-t-il en remerciant Manaan.

« Mais que se passe-t-il ? » criait son voisin, toussant tout en rechargeant son tromblon dans les nuages de poudre brûlée. Puis une seconde volée de flèches leur passa encore au-dessus de la tête, tuant net les Gors, ceux qui se ruaient sur lui et ses compagnons.

Et ils réalisèrent. Ce n’était pas leur ennemi, mais un allié inattendu. Précis. Rapide. Le fuyards se ressaisirent et retournèrent vers les murs. Une à une, les vagues d’assaillants tombaient sous la pluie fatale. Hans vit un champion chaotique s’effondrer, la cuirasse percée par un lourd trait, le visage traversé d’un immense étonnement. Les flèches étaient souples, solides, et empennées de blanc. La pointe, aiguisée, de l’ouvrage le plus fin qu’il ait jamais connu.

Ils entendirent une voix impérieuse mais mélodieuse : « N’ayez crainte, humains. Vos petites défenses tiendront aujourd’hui. ». Surpris, comme tous les autres miliciens, Hans se retourna pour découvrir un guerrier au port altier, d’une finesse et d’une mystérieuse beauté… Il n’était pas à l’aise en l’observant, et détournait son regard lorsque leurs yeux se croisaient. Au loin un mage élancé à la robe cotonneuse lança une incantation en brandissant un orbe couleur de mer. La brume se dissipait. Hans devinait dans le port un immense navire de guerre aux formes élancées, d’où débarquaient, en ordre impeccable, des guerriers aux armures étincelantes, manoeuvrant d’étranges machines de guerre semant la mort dans les rangs des chaotiques en déroute.

Sans concertation, les miliciens et les guerriers chargèrent dans la lande couverte de corps, sans faire de quartier, sans pitié. Le silence retomba bientôt. Les rayons du soleil matinal réchauffaient les corps et les coeurs.

« Vos ennemis ont rencontré la puissance du Seigneur des Mers aujourd’hui, fit l’elfe, désinvolte. Ce n’était qu’une forquese d’éclaireurs. Mais il reviendront bientôt. Et cette fois-ci nous serons là pour leur réserver un accueil des plus chaleureux. »

Au plus profond de la forêt, des cris d’agonie retentirent alors que le mage souriant marmonnait des encouragements…

Remarque
Cette nouvelle est extrait de la Gazette de la Lumière n°3 publié à l'occasion de la campagne mondiale pour Warhammer Battle : Tempête du Chaos (Storm of Chaos)
 

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