

Évolution des armures et des protectionsLe haut fourneau atteint 5 à 10 mètres et devient courant. La production passe à un stade semi industriel : la coulée est permanente, l'extinction du four rare et chère. Un seul four peut donner de 500 à 1000kg de fer par coulée, tout en assurant une qualité suffisante.
Cette évolution est corrélée à une véritable explosion de la demande. Le fer est bon à tout : l'armure de plates devient de plus en plus courante, les premiers canons en fer voient le jour (sans trop de succès : le manque de régularité dans les coulées causent des explosions de fûts et l'usinage est très pénible : on reviendra au bronze), les boulets de pierre sont remplacés par des boulets de fonte mortels pour les antiques murailles.
Développement des plates de bras et de jambes, qui sont maintenant bien protégés, même si les articulations ont encore des défauts et ne sont pas souples. Le pied est couvert d'un soleret à lames articulées. La plaque de fer « poitrine d'acier » fait on apparition, avec des chaînes (au lieu de liens en cuir) pour retenir les armes.
Les plates recouvrent entièrement le corps, et donnent une armure nouvelle, le harnois, qui représente l'idée classique de l'armure de chevalier : l'armure de plates. Dans les premiers temps, il est décoré et peint. Par la suite, les peintures sont remplacées (en Allemagne) par des gravures au burin, voire par d'autres techniques (ciselure, damasquinage…).
Le casque évolue et se diversifie: le bassinet à camail est à la mode. Il est doté ensuite d'un gorgerin (une pièce d'armure de plates remplaçant le camail et la maille autour du cou) et d'une visière mobile. Le bassinet a l'avantage de dévier les coups portés de haut en bas et de faire riper les coups de face.
Il est aussi doté d'un mézail (ou ventaille), qui est une visière mobile couvrant la face. Il est percé de vues (ou perçures). Si la vue se fait par une découpe dans le mézail, il est dit « à vue coupée ». Si la vue se fait dans l'interstice entre le mézail et le casque, il est dit « à vidaille ».
Le chapel de fer (aussi nommé capel, hanepier ou chapeline) , typiquement adapté aux hommes d'armes fait aussi son apparition. Il est très populaire chez les piétons car il protège particulièrement bien contre les coups de haut en bas, c'est-à-dire des chevaliers, des flèches tirées en parabole et des projectiles divers et variés. Au fil du temps, son avantail (bord), s'étend et le transforme.
La salade est son descendant direct, puisque c'est un chapel de fer à bords rabattus vers le bas.
L'écu, qui perd encore de son importance, a maintenant la forme « héraldique » (deux bords parallèles et une base pointue).
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