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ImprimerEnvoyer le dossier à un amiKhazad Zhuf, Le fort de la chute d'eau

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Chapitre 1

Karak Norn, Karak Hirn et Karak Izor forment un groupe de trois forteresses récemment édifiées selon les critères nains. Ces bastions érigés par les fils de Grungni ont vu le jour suite à l’exode de nombreux nains de leurs forteresses ancestrales du Sud. Bien que ces bastions représentent un espoir pour le peuple nain, qui espère bien pouvoir reconquérir ses anciennes terres à partir de tels lieux, il a été préalablement nécessaire d’établir toute une série de points d’appui afin d’assurer une certaine stabilité et sécurité aux nains.

L’un de ces points stratégiques et la forteresse mineure de Khazad Zhuf, le fort de la chute d’eau. Cette forteresse située au Nord de Karak Norn, à égale distance des terres de l’Empire, de la Bretonnie et de l’inquiétante Loren, fut construite suite à une série de concours de circonstances.

Alors que Karak Norn était encore en pleine construction, de nombreuses routes commerciales fleurirent pour relier les différentes communautés de nains entre elles d’une part, et entre les nains et les humains d’autre part. Ces voies commerciales restaient pourtant très vulnérables aux attaques des gobelins et des hommes-bêtes ; pourtant, le prix le plus lourd à payer pour ces caravanes provenait des raids récurrents des bandes de pillards humains, dirigées par un certain Hernert Un-oeil. Ce brigand de petite envergure avait réussi à fédérer plusieurs bandes de pillards en alternant menaces et appât du gain. Ses hommes n’étaient pas les plus disciplinés ni les mieux armés, mais en ces temps de malheur et de guerre, le peuple nain aux abois avait le plus grand mal à se défendre contre des adversaires qui compensaient leurs défauts par la ruse et l’acharnement.

L’un de ces convois, mené par Snorri Longue-barbe, transportait de la viande salée et du houblon en provenance des terres de l’Empire ; Snorri, un vétéran du siège de Karak aux Huit Pics, était réputé pour être un nain sage, préférant sauver des vies naines plutôt que d’accepter un combat frontal perdu d’avance. Beaucoup de ses pairs critiquaient l’attitude du vieux Snorri, mais celui-ci avait vu trop de ses enfants périr dans les souterrains de la grande forteresse naine dans des combats désespérés pour se soucier des dires des autres ; de plus, la splendide barbe du vieux nain s’enroulait plusieurs fois autour de sa large ceinture, lui donnant un statut privilégié parmi les siens, ce qui renforçait ses opinions.

Snorri était aussi un nain extrêmement méfiant, ce qui le sauva lui et sa petite expédition. Alors que le convoi considérablement ralenti par les chemins montagneux cheminait en direction de Karak Norn, une des bandes de Hernert Un-oeil passa à l’attaque. Celle-ci pistait le convoi nain depuis quelques jours, croyant qu’il transportait d’importantes quantités d’or parmi les denrées alimentaires.

Devançant les nains grâce à leur connaissance de la région, les pillards humains tendirent une embuscade à la sortie d’un petit défilé se trouvant à huit jours de Karak Norn : des pierres furent jetées des hauteurs sur les nains, poussant ceux-ci à cravacher leurs mulets jusqu’à ce qu’ils tombent dans un piège hâtivement préparé. Trop hâtivement d’ailleurs, car les quelques rochers et troncs d’arbre posés en travers de la route n’arrêtèrent pas les nains qui forcèrent le passage en infligeant de gros dégâts aux humains.

Snorri aurait pu engager le combat malgré sa flagrante infériorité numérique, mais le nain préféra assurer la sécurité de ses guerriers plutôt que de miser sur l’éradication des humains.

Mal lui en prit, car ses assaillants purent prévenir d’autres bandes du brigand humain ; ce dernier décida lui-même de prendre les opérations en mains, et à la tête d’une cinquantaine d’hommes, se lança à la poursuite des nains.

A quelques jours à peine de Karak Norn, Snorri savait qu’il risquait d’être rattrapé et défait : ses attelages étaient épuisés, et sa petite dizaine de guerriers serait rapidement dépassée par les évènements. Plutôt que de faire face dans un combat perdu d’avance, le vieux guerrier lança ses attelages dans un chemin différent de celui menant vers Karak Norn : prenant une voie détournée plus escarpée, Snorri prit le pari de couper à travers la montagne pour gagner quelques heures et se rapprocher le plus possible des siens. Cette voie n’était pas utilisée par les nains, du fait de la proximité d’un ravin trop escarpé et instable, qui risquait d’entraîner les chariots dans le gouffre.

Pourtant, la route se révéla plus stable que prévue, laissant passer les chariots avec certes quelques difficultés, mais à un rythme assez soutenu. Pas assez pourtant pour que les humains ne les rattrapent pas, et bientôt quelques flèches s’abattirent sur l’arrière garde de Snorri. Ce dernier mena quelques actions de retardement à certains coudes de la route, mais les humains, poussés par l’appât du gain, ne lâchaient pas prises. Dans une attaque particulièrement poussée des humains, l’un des jeunes guerriers de Snorri fut poussé dans le vide au grand dam de ses frères qui crièrent vengeance. Le convoi s’arrêta l’espace de quelques minutes, le temps qu’un corps à corps féroce ne s’engage sur le chemin escarpé. Un autre jeune guerrier périt, une épée profondément enfoncée dans la gorge, mais Snorri fit chèrement payer leurs crimes aux humains, une demidouzaine d’entre eux périssant sous les marteaux nains.

S’étant momentanément débarrassés des humains, les guerriers de Snorri reprirent leur chemin, mais se rendirent bien vite compte que les humains les avaient encerclés. Profitant du fait que Snorri et sa poignée de guerriers étaient occupés à repousser une partie de ses hommes, Hernert mena un petit groupe à travers les rochers, passant pardessus les positions naines, avant de leur couper la route, quelques centaines de mètres plus avant. Lorsque Snorri se rendit compte de la situation, il était trop tard, et les nains allaient être submergés par les humains. Résigné à périr les armes à la main, Snorri se rendit compte que se battre à côté des chariots ne servirait à rien : les humains se seraient contentés de décocher leurs flèches les unes après les autres jusqu’au dernier nain. Le salut vint d’une chute d’eau qui se trouvait juste devant eux, à quelques dizaines de mètres devant les humains du groupe d’Hernert. Cette chute d’eau coupait une partie de la route, pas assez violemment pour couper cette dernière, mais avec suffisamment de force pour empêcher les flèches de passer. Snorri saisit cette opportunité, et commanda à ses jeunes guerriers de le suivre. Boucliers levés, bien décidé à se battre jusqu’au tout, le petit groupe avança sous une grêle de tirs, venant à bout de deux autres d’entre eux.

Hernert saisit trop tard le plan du vieux nain, et ne put couper la route à ce dernier. Mais peu lui importait : les nains étaient coincés derrière une chute d’eau, leurs chariots appartenaient à ses hommes, et il était désormais assuré que nul ne pourrait témoigner de ce qui était arrivé une fois qu’il en aurait fini de Snorri.

Hélas pour le bandit humain, son excès de confiance allait lui être fatal : derrière cette chute d’eau, existait un étroit boyau qui donnait sur un immense dédale de galeries, toutes plus impressionnantes les unes que les autres. Tout un complexe de grottes naturellement creusées et de boyaux formaient un large labyrinthe dans lesquels les nains virent leur salut : cette merveille géologique avait été creusée par des millénaires d’érosion, laissant apparaître de riches filons de métal. Totalement ébahis par leur découverte, les nains se jurèrent de ne pas laisser cet endroit dans l’ignorance ; bien décidés à bouter les humains de leurs montagnes, les guerriers de Snorri se préparèrent à rajouter ce joyau rare à l’empire nain.

Mettant à profit l’étroitesse du boyau d’accès, les nains abattirent les premiers humains qui tentèrent de pénétrer dans la grotte. Puis les nains reculèrent, laissant les humains fous de rage entrer dans le vaste dédale, jusqu’à ce que ceux-ci soit complètement perdus. Puis usant de leurs traits naturels pour le combat souterrain, les nains taillèrent en pièce les humains terrifiés et incapables de se défendre, jusqu’à ce qu’Hernert rappelle les survivants.

Durement étrillés par ces violents combats, les pillards refusèrent de rentrer de nouveau dans le repaire des nains. Hernert savait parfaitement que maintenant retranchés dans ces grottes, les nains seraient inexpugnables malgré toute la rage de ses hommes. Ceux-ci commençaient par ailleurs à se disputer à cause du butin, bien moindre que ce qu’ils avaient espéré ; le bandit avait conscience que cela risquait de se retourner contre lui. En tant que chef, la responsabilité de l’assaut de la caravane lui incombait, et le décès de près d’un tiers de ses hommes pour un si maigre trésor allait peser lourd dans la balance, sa vie en étant l’enjeu.

Hernert convainquit donc ses hommes que les nains retranchés détenaient tout leur or, et c’est ainsi que le siège des nains débuta.

Pendant neuf jours et neuf nuits, les humains surveillèrent l’entrée de la grotte, attendant ainsi jusqu’à ce que la famine vienne à bout des fils de Grugni. Pour se ravitailler, les humains envoyèrent de nombreux groupes récupérer de quoi se sustenter auprès de leurs campements dans les montagnes. Hélas pour eux, cette activité importante dans cet endroit des montagnes ne passa pas inaperçue pour tout le monde…

Pendant ces neuf journées, Snorri et les siens explorèrent les souterrains qu’ils avaient découverts, toujours plus émerveillés à chacun de leurs pas : ces grottes n’étaient pas habitables en l’état, car trop sombres et humides même pour des nains. Mais leurs coeurs battaient la chamade à l’idée de tout ce qu’ils pourraient édifier ici à l’aide de leurs mains : les vastes halls, illuminés par des centaines de torches, les galeries profondes, donnant sur des forges résonnant du bruit des nains au travail ; ils imaginaient les fins ornements décorant chacun des énormes piliers soutenant la voûte de la grotte, les mines sans fond d’où seraient extraites maintes richesses, et surtout les demeures dans lesquelles leurs enfants grandiraient et où ils leurs inculqueraient l’amour du travail et la fierté des nains. Pourtant, la faim les tenaillait de plus en plus, et Snorri savait que lui et ses guerriers ne tiendraient plus très longtemps le siège des humains ; de plus, le vétéran craignait par-dessus tout que les humains ne les attaquent quand ils seraient trop affaiblis pour se défendre.

Résolu à se battre comme un nain, Snorri mena ses guerriers vers la sortie : cinq jeunes nains et lui-même, contre une trentaine d’humains. Bien que condamné, le vétéran de la chute de Karak aux huit pics n’avait pas d’autre solution ; mais que ne fut pas sa surprise lorsqu’il entendit le vacarme des combats en émergeant de derrière la cataracte d’eau ! Un groupe de guerriers nains semblait s’attaquer aux bandits humains, complètement dépassés et paniqués par cette attaque à laquelle ils ne s’attendaient pas !

Inquiétés par le retard important du petit convoi, un groupe d’éclaireurs avait été envoyé de Karak Norn sous le commandement du thane Durgrin Ironfoot. Ce dernier, ayant repéré les restes du convoi de Snorri, ne tarda pas à comprendre les évènements qui s’étaient déroulés ici. La rage au coeur, le nain et ses « hommes » fondirent sur les pillards comme la foudre, les taillant en pièce. L’apparition de Snorri et de ses quelques guerriers au milieu des lignes humaines acheva de mettre ces derniers en déroute, et seule une petite poignée échappa au massacre. Hernert put s’enfuir du combat, et rejoignit l’un de ses campements ; hélas pour lui, il périt quelques mois après sous la hache de Snorri lui-même, alors que le vieux nain s’était vu confié la tête d’une expédition destinée à nettoyer la région de la vermine humaine.

Deux ans plus tard, un important groupe de nains investit le domaine découvert par Snorri, et ainsi commença la construction de Khazad Zhuf…

Remarque
Ce chapitre est extrait du Liber Fanaticus n°5.
 
 

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