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ImprimerEnvoyer le dossier à un amiLe Journal de Wolf Kandid

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Chapitre 2 - Périlleux Voyage

Cher journal,

Après m’être restauré, le capitaine en personne est venu me rendre visite dans mon « gnouf » (j’ai appris le vocabulaire marin pour désigner la chambre luxueuse d’un bateau), tu te rends compte, un vrai capitaine de navire ! Avec une jambe de bois, comme dans les lais bretonniens ! Et il est venu me voir moi. Je ne savais comment réagir, et je dois avouer que j’étais un peu intimidé par la présence d’un officier de la marine.

Celui-ci m’expliqua que pour « gagner ma croûte », il fallait travailler. Quoi de plus normal, lui répondis-je. Il me présenta alors mes nouveaux compagnons, monsieur Seau et monsieur Balai, et je commençai le jour même ! Je me suis donc rendu sur le pont pour le « lessiver ». Quel spectacle impressionnant, la mer, les vagues, les marins tatoués… Il y avait même un elfe et un nain. Je m’adressai à un matelot pour lui demander en quoi consistait ma tâche, il a éclaté de rire aussitôt, et a fait venir ses camarades.

J’ai reformulé ma question en bretonnien et en tiléen, et tous ont ri à gorge déployée. Par Sigmar, je n’aurais jamais pensé avoir un tel talent ! Je décidai donc de devenir fantaisiste de bord pour amuser mes nouveaux compagnons.

J’ai donc travaillé au soleil, sous la pluie, à frotter le pont, à le balayer… Les matelots se sont habitués à ma présence, ils appréciaient surtout ma façon de me moquer (gentiment) du capitaine, en prenant les poils du balai pour m’en faire une barbe avec le seau sur la tête. Je suis un brin coquin, je l’admets, mais un peu d’humour n’a jamais fait de mal, non ? J’ai découvert un nouveau sport, le lance gobelin, il s’agit de lancer une balle verte qui couine aux autres matelots, et celui qui la fait tomber par-dessus bord gagne dix coups de fouet. Heureusement, j’étais assez habile pour toujours la rattraper, j’ai même réussi à la lancer à un ogre, un canonnier, qui laissa tomber la balle. Les autres ont applaudi, et l’ogre m’a promis, sans doute pour me remercier de l’avoir battu en sport avec honneur, de me « faire la peau ». J’ignorais qu’une personne aussi imposante eut des dons en soin du corps.

Le capitaine est venu me voir, quelques jours plus tard, pour me nommer Grand Intendant des Latrines Maritimes ! J’avais eu ma première promotion ! Le capitaine avait pensé à moi lorsque le poste se libéra, car l’ogre avait « mangé » celui qui s’en occupait… Le capitaine me félicita pour ma fulgurante ascension sociale, et m’affirma qu’il penserait à moi lors d’une prochaine promotion. Je lui ai dit que rien ne pressait, je ne voulais pas passer pour un carriériste !

Puis, un beau matin, un galion bretonnien, toutes voiles dehors, nous tomba dessus. Les hommes froncèrent les sourcils, sauf le nain qui criait à tue-tête « chic chic ! ». Il paraît que cela ne laissait rien présager de bon. Le capitaine m’a donné un sabre et me demanda de défendre le pont avec les autres. Je ne comprenais pas ce qui se passait jusqu’au moment où les premiers grappins touchèrent notre navire.

Ceux du bateau d’en face nous sautaient dessus ! Je croyais que c’était pour nous demander des vivres, mais à leurs mines patibulaires je devinai que non. J’ai eu très peur, je l’avoue, lorsque la canonnade éclata. L’ogre qui était à côté de moi (et qui avait dit avant que ça ne pétarade « maintenant que le capitaine n’est plus là tu vas voir ta g… ») fut frappé de plein fouet par un boulet. Quel malheur de perdre un camarade ! Je courus prévenir le capitaine, mais impossible de le trouver dans sa cabine ! C’est alors que j’entendis une voix venant du coffre : « Viens te cacher là-dedans, ****** ! ». Le capitaine développait quelque ingénieuse stratégie à l’abri dans sa malle !

Je me cachai donc avec lui pour écouter sa sagesse militaire. Entendant la rumeur des armes se rapprocher, je sentis à l’odeur que notre capitaine avait mouillé ses chausses. Comme j’avais fait de même, nous décidâmes d’un commun accord de n’en rien dire aux autres. Finalement, l’ennemi fut repoussé grâce à la vaillance du nain et de l’elfe, qui s’étaient lancé le défi « d’abattre le plus de têtes » ! Tout rentra dans l’ordre. D’après l’équipage, ce genre de choses était courant sur notre mystérieux trajet. J’en profitai pour leur demander finalement où nous nous rendions… « En Lustrie » m’a-t-on répondu… Voilà, cher journal, je ne te cache pas mon impatience à fouler la terre par delà le grand océan. Sur ce, je te souhaite une bonne nuit.

Ton copain,

Wolf

Remarque
Ce chapitre est extrait du Liber Fanaticus n°5.
 
 

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