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ImprimerEnvoyer le dossier à un ami Le Journal de Wolf Kandid

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Chapitre 4 - La Jungle

Cher journal,

Cela fait plusieurs jours que je me promène dans cette magnifique jungle. Tout y est si coloré ! Les araignées, par exemple, qui sont bien plus grosses que celles du jardin d’Oncle Ernst, sont de véritables œuvres d’art ! Les arbres sont très hauts, on y voit à peine le soleil, mais il fait quand même bien chaud. J’ai dû me séparer de quelques vêtements, objets divers et variés pour alléger ma charge. J’ai même dû laisser choir la petite table de chevet en chêne de Tante Emma, celle sur laquelle je t’écrivais tous les soirs. Oui journal, j’ai bien dit « écrivais », car dorénavant, je n’aurai plus le temps de t’écrire chaque soir, je dois me chercher à manger, et cela me prend du temps. Je dois également retranscrire mes devoirs de tiléen que j’ai amenés pour ne pas perdre le contact avec cette magnifique langue. Mais ne t’inquiète pas, mon journal, tu restes le premier dans mon cœur !

Hier, chaude journée, et en plus, misère de misère, j’ai glissé et suis tombé dans un énorme étron malodorant ! Il était aussi gros que moi, dans un petit creux… J’en avais jusqu’au cou. Mais le pire, c’est qu’il n’y avait pas de point d’eau à proximité pour faire quelques ablutions et m’ôter cette odeur ! Bon gré mal gré, je me suis accommodé de ce petit côté « nature », et finalement m’y suis habitué. Et la roue a tourné, car j’ai eu un coup de chance, je suis tombé sur un gros nid derrière des fougères, avec d’énormes œufs cachés sous des feuilles !

Je ne te raconte pas à quel point je me suis régalé en faisant la meilleure (et la plus grosse) omelette que je n’aie jamais mangée, à l’aide du réchaud Halfling que Bob, le cuistot de la maison, m’avait cédé. Il me manque un peu lui aussi, je me rappelle les parties de cartes au coin du feu, le temps que ses patates chauffent, les soirs d’hiver où papa rentrait tard avec les quelques karls glanés à la sueur de son front pour nous acheter l’indispensable, à manger, et mes livres d’école. Je travaillerai dur pour ne pas tous les décevoir, ils m’attendent et je reviendrai avec quelque décoration qui les rendront très fiers, et alors ils seront encore plus fiers que les parents d’Helmut, qui avait tué un gobelin qui s’était perdu dans le village ! Après mon excellent repas, j’eus une astucieuse idée… Comme je savais qu’une fois encore, les moustiques allaient me dévorer, je me glissai à l’intérieur d’une coquille géante, et cet abri me tint dans une douce moiteur, protégé des insectes gourmands.

J’ai été réveillé par un grondement, qui ne pouvait venir de mon estomac, vu ce que j’avais englouti la veille ! J’ai ouvert la coquille de mon petit abri de fortune, et je découvris la créature la plus étonnante qu’il m’ait été donnée de voir ! Imagine-toi, journal, un chien très haut, avec une chair beige protégée par des écailles, qui semblaient dures comme du cuir tanné, qui se tenait sur ses deux pattes arrières, en me regardant, et en faisant le bruit d’une marmite expérimentale à pression de Nuln (j’ai eu la chance de visiter les XIXe Congrès des Ingénieurs et de voir leurs merveilleuses trouvailles, je te ferai des croquis si j’y pense !) ! Le chien a penché sa tête sur le côté, puis son gigantesque corps vers moi, il s’est doucement approché, tout grondant, alors que seule ma tête dépassait de ma coquille d’œuf. J’étais assez impressionné, mais je me suis vite ressaisi : je savais mater les clebs de la ferme, et ce n’était pas ce gros toutou qui allait m’impressionner.

Alors je me suis levé doucement et l’ai fixé dans les yeux. Il ne cilla point, mais finalement, grogna une dernière fois et me passa sa langue sur le visage ! J’étais plein de bave, mais heureux, je venais de me faire un nouvel ami, ou plutôt une nouvelle amie, car je me suis rendu compte, en regardant de plus près l’étonnante créature, qu’il s’agissait d’une madame… J’avoue avoir un peu eu peur, je n’aime pas être repoussé par les animaux, car je ne le suis que trop chez les hommes. Je décidai d’appeler ma nouvelle copine « Gertrude », car elle me faisait penser à ma bonne amie éponyme, non pas à cause de ses généreuses mamelles, mais à sa façon de gronder (oh, journal, si elle me lisait, elle m’étriperait !) ! Rassuré, je me suis rendormi dans ma coquille. En me réveillant, j’eus le bonheur de trouver des filets de viande fraîche à côté de moi ! Ils étaient bien rouges et sans gras, je me suis donc fait quelques rôtis au petit déjeuner, ce fut succulent. Il me restait encore un peu d’eau dans mon outre que j’avais remplie au fleuve, tout allait pour le mieux !

Il fallait quand même que je revienne au village, on allait s’inquiéter de mon absence, surtout les gentils gardes qui m’avaient prévenu des soi-disant dangers de la jungle (tu sais quoi journal, à mon avis, ils ont peur). Mais comment y retourner ? J’eus l’idée de faire sentir mes chausses à Gertrude pour qu’elle piste semblable odeur et me ramène vers la civilisation. Elle renifla, étonnée, émit un bref grognement, et pencha son cou. Elle m’invitait à une promenade ! Je grimpai précautionneusement le long de son cou musclé en m’accrochant à ses écailles, et nous partîmes bon train vers le village ! En chemin, je me baissai pour éviter les branchages, mais Gertrude était très prudente avec moi, et brisait les troncs sur notre passage comme des brindilles de bois de chauffe ! Nous nous sommes arrêtés, car Gertrude donnait des signes de fatigue. Il y avait un petit point d’eau, nous nous sommes endormis ici, et j’ai pu remplir mon outre. Couché contre le ventre chaud de Gertrude, je t’écris ces dernières lignes avant de fermer les yeux et d’éteindre ma chandelle. Je fais une petite prière à Sigmar, et Shallya pour qu’elle soigne mes ampoules au pied. Je suis bien. Demain, retour à la civilisation, je leur dirai que je suis en bonne santé, ils doivent tous être inquiets…

Voilà cher journal, et au fait, je te rassure, même si Gertrude est adorable, tu restes mon meilleur ami. A très bientôt, ton copain, Wolf.

Remarque
Ce chapitre est extrait du Liber Fanaticus n°7.
 
Mis a jour
Ce fut le dernier Chapitre du Journal de Wolf Kandid.
 
 

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